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  • Les technologies de rupture deeptech sont devenues un enjeu de souveraineté et de concurrence pour les États à l’échelle mondiale.
  • Bien que pionnière en Europe, la France fait face à plusieurs obstacles freinant le développement des entreprises deeptech françaises.
  • Des réformes structurelles, centrées sur le financement en particulier, favoriseront un essor significatif de la deeptech en France.

 

L’innovation de rupture au défi du passage à l’échelle

État des lieux de la deeptech en France et pistes pour une nouvelle stratégie

Rapport publié par la Direction Générale des Entreprises en mars 2025

 

Contexte, définition et enjeux

La concurrence internationale en matière d’innovation est forte. L’Europe doit, dès à présent, s’affirmer comme un acteur de premier plan voire être à l’avant-garde dans ce domaine. La souveraineté technologique, industrielle et stratégique du continent en dépend.

Les technologies de rupture, dites deeptech, reposent sur l’exploitation économique réussie d’innovations scientifiques de pointe, dans des domaines clés : santé, énergie, transport, transition écologique, etc. Leur passage du laboratoire à l’industrialisation à grande échelle constitue un enjeu crucial. Les entreprises deeptech, combinant avancée technologique et modèle économique solide, disposent d’un avantage concurrentiel important.

Enjeux de souveraineté pour la France

  • Préserver l’autonomie technologique.
  • Sécuriser les infrastructures critiques.
  • Aligner les innovations avec les priorités stratégiques nationales.

 

Constats clés du rapport

Une dynamique forte

La France figure parmi les leaders européens de la deeptech avec :

  • 2 500 start-ups actives.
  • 4,1 Mds € levés en 2023.
  • 4,5 Mds € de soutien public depuis 2019.
  • Le plan Deeptech et le plan France 2030 (54 Mds € sur 5 ans) ont renforcé cette position (2e en Europe, 4e au niveau mondial).

Un besoin d’accélération

Malgré ces résultats, le passage du lab to market reste trop lent. Il est impératif de :

  • Mieux valoriser la recherche française.
  • Simplifier le transfert technologique.
  • Concentrer les efforts sur les secteurs stratégiques à fort potentiel.

Un financement à amplifier et diversifier

  • Un effort public de 30 Mds € supplémentaires est nécessaire d’ici 2030.
  • Le capital privé doit être mobilisé davantage, avec un alignement des temporalités entre investisseurs et entreprises deeptech, et une meilleure visibilité sur les perspectives de sortie.

Un soutien européen indispensable

  • Les outils européens comme l’Union des marchés de capitaux et le Conseil européen de l’innovation (EIC) doivent accompagner l’émergence de champions industriels deeptech en France.

Une transformation industrielle à favoriser

  • En s’appuyant sur les grands groupes nationaux.
  • Par une commande publique et privée renforcée dans les secteurs critiques.
  • Grâce à des mécanismes de garanties pour limiter les risques.
  • Par la création d’un cadre réglementaire adapté, agile et favorable à l’innovation.

 

Freins et défis à relever

  • Un manque de normalisation des usages : Le potentiel économique et social des deeptech reste insuffisamment ancré dans les usages courants.
  • Une exposition accrue à des risques stratégiques : Risques de captation étrangère (PI, talents, délocalisations).
  • Un déficit de financement en amont : Les phases précoces de développement sont particulièrement vulnérables.
  • Un écart croissant avec les États-Unis et la Chine : Les niveaux de financement y sont nettement supérieurs.

L’État compense ces défaillances de marché en jouant un rôle actif, notamment à travers les plans Deeptech et France 2030.

 

Conclusion

La deeptech représente une opportunité stratégique majeure pour la France. Elle conjugue innovation scientifique, souveraineté industrielle et compétitivité économique.

Mais pour en exploiter tout le potentiel, il est crucial de lever les obstacles structurels : déficit de financement privé, lenteur du transfert technologique, manque d’environnement favorable.

Un soutien massif, pérenne, articulé entre financements publics et privés, doit s’accompagner de réformes structurelles afin de créer les conditions propices à l’émergence d’un écosystème deeptech fort, pérenne et compétitif à l’échelle mondiale.

 

Thomas MIKAN

Chargé de mission

 

 

 

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