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2ème Atelier du Leadership

Date de la conférence : 02 février 2026

Intervenants

  • Mme Amélie Oudéa-Castéra, ancienne Ministre, Président du Comité national olympique et sportif français
  • Modérateur : M. Henri Giscard d'Estaing, Président de l'Ecole du Leadership de Paris
  • Pour ce 2ème Atelier du Leadership, Henri Giscard d’Estaing, Président de l’Ecole du Leadership de Paris, a reçu Amélie Oudéa-Castéra, ancienne Ministre, Présidente du Comité national olympique et sportif français.
  • Pendant son intervention, elle a mis avant l’importance du feed-back, de l’apprentissage du collectif et du sens partagé qui permet le dépassement.
  • Prochain rendez-vous de l’Ecole du Leadership de Paris le mercredi 8 avril à 14h30 pour le 2ème Forum annuel du Leadership.

 

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L’École du Leadership de Paris, présidée par Henri Giscard d’Estaing, a organisé lundi 2 février 2026 son 2ᵉ « Atelier du Leadership », en lien étroit avec la Fondation Prospective & Innovation et ESCP Business School et en partenariat avec le magazine Capital.

Dans le prolongement du 1er Atelier du 17 novembre 2025, l’ELP poursuit ainsi son cycle bimestriel de rencontres avec des dirigeants issus des sphères politique, économique, scientifique et culturelle, invités à partager leur vision du leadership à la française et à l’européenne. Cette rencontre a été ouverte par Emmanuelle Pérès, Directrice générale de la Fondation Prospective & Innovation, qui a rappelé l’ambition de ces ateliers : créer un espace de dialogue soutenu, sans tabou, entre parcours de vie, expériences de pouvoir et conceptions du leadership.

Pour cette deuxième édition, Amélie Oudéa-Castéra, ancienne Ministre et Présidente du Comité National Olympique et Sportif Français, est venue exposer sa conception du leadership, façonnée par un parcours singulier à la croisée du sport de haut niveau, de l’entreprise et de l’action publique, notamment dans le contexte particulièrement exigeant de la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris. Henri Giscard d’Estaing a souligné d’emblée la richesse et la diversité de cette trajectoire, construite dans des environnements différents mais traversés par les mêmes exigences de responsabilité et d’engagement.

Le sport apparaît rapidement comme une matrice fondatrice de son rapport au leadership. Il y est question d’exigence, de discipline et d’effort, mais surtout de gestion du temps et de l’énergie. Amélie Oudéa-Castéra rappelle qu’aucune réussite ne s’obtient sans dépassement de soi, tout en insistant sur la nécessité de durer. « On n’obtient jamais de grands résultats sans grands efforts, mais il faut savoir doser pour durer », explique-t-elle. Une idée que reprend Henri Giscard d’Estaing en évoquant la maîtrise de la durée comme une dimension essentielle du leadership : savoir inscrire son action dans le temps long, sans céder ni à l’épuisement ni à la précipitation.

Le progrès, dans cette perspective, passe par la culture du feedback. Selon Amélie Oudéa-Castéra, « feedback is a gift ». Elle souligne notamment combien la manière dont un collaborateur accueille une remarque ou une erreur révèle sa capacité à évoluer. Amélie Oudéa-Castéra et Henri Giscard d’Estaing convergent sur un point : le leadership passe par la capacité à créer un cadre de confiance où l’exigence devient un levier de progrès plutôt qu’un facteur de crispation.

Cette dynamique s’inscrit dans une réflexion plus large sur le sens du travail et de l’engagement. Le leader, souligne Amélie Oudéa-Castéra, ne peut projeter ses propres aspirations sur ses équipes. Il doit identifier les moteurs profonds de chacun. Elle évoque à ce titre son expérience en entreprise, notamment durant la crise sanitaire, où la conscience d’une responsabilité collective a profondément transformé le rapport au travail. Henri Giscard d’Estaing fait le parallèle avec les grands projets collectifs qu’il a dirigé : lorsque le sens est partagé, l’engagement change de nature.

Cette réflexion s’enrichit d’une autre leçon tirée du sport de haut niveau : la remise en cause d’une vision sacrificielle du leadership. « Pendant longtemps, on a pensé en termes de sueur, de sang et de larmes. Avec le temps, j’ai compris que c’était surtout de la sueur, mais avec du sens et de l’âme », confie Amélie Oudéa-Castéra. Écouter son état physique et moral, accepter parfois de s’arrêter pour mieux repartir, relève selon elle d’une responsabilité du leader.

La question de l’ego et de la reconnaissance est également abordée sans détour. Si le désir de reconnaissance traverse tous les parcours de responsabilité, il ne peut constituer le moteur de l’action publique. Henri Giscard d’Estaing rappelle que l’excès d’ego fragilise le leadership, tandis qu’Amélie Oudéa-Castéra souligne combien la fidélité au sens de l’engagement permet de traverser les crises, les critiques et les retournements de perception. Le jugement, insiste-t-elle, se fait avec le temps et à l’aune de ce qui a été accompli pour l’intérêt général.

Le dialogue met finalement en lumière une conception structurée de l’action du leader dans le temps, à l’appui d’une citation de Martin Luther King : « notre travail doit avoir de la longueur – on s’améliore avec les années. Il doit avoir de la largeur – toucher beaucoup d’autres personnes. Et il doit avoir de la hauteur – nous mettre au service d’un idéal et satisfaire la soif de vertu de notre âme ». Amélie Oudéa-Castéra illustre cette idée : savoir tenir sur la durée, élargir son engagement à l’équipe et au collectif, et donner un sens supérieur à ses choix.

En conclusion, Maria Koutsovoulou, professeure à ESCP Business School, a proposé une lecture structurée de ce leadership à trois niveaux : celui du leader, porté par la volonté et la préparation ; celui de l’équipe, fondé sur le feedback et la sécurité psychologique ; et celui de l’organisation, construit autour du partage d’un sens commun, d’une ambition collective et d’une culture partagée. Autant de dimensions qui dessinent un leadership incarné et résolument orienté vers l’action.

Prochain rendez-vous le mercredi 8 avril 2026 à 14h30, à l’occasion du 2ᵉ Forum annuel du Leadership et du lancement de la Chaire ESCP « Leadership & Business Transformation ».

 

Bonnie BASEI, chargée de mission auprès de la Directrice générale
Stanislas WEILL, chargé de mission
Fondation Prospective & Innovation

 

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POUR ALLER PLUS LOIN : 

RELIRE : Compte-rendu du 1er Atelier du Leadership

REVOIR : Capsule du 1er Atelier du Leadership

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