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  • Ce rapport met en lumière les atouts mais aussi les failles du commerce extérieur français fondé sur certains secteurs, fers de lance de l’économie française.
  • Il met également en exergue les principaux partenaires, traditionnels et émergents, de la France à l’international.
  • Enfin, ce rapport est force de propositions quant à l’avenir du commerce extérieur français.

 

Quelques semaines après la sortie des chiffres du commerce extérieur du 1er semestre 2025,

Zoom sur les éléments clés du rapport annuel sur le commerce extérieur de la France – 2024

Cliquer ici pour consulter l’intégralité du rapport

 

Un rapport au long cours pour penser l’avenir

Publié en février 2025 par la Direction générale du Trésor, le rapport annuel sur le commerce extérieur français offre une analyse fouillée des dynamiques économiques à l’international. Il revient sur les performances sectorielles, les grands équilibres géographiques avec nos principaux partenaires (l’Europe avec l’Allemagne en tête, les États-Unis et la Chine), les points d’appui et de fragilité, et trace des pistes concrètes pour renforcer la compétitivité de notre économie à l’export.

Le document met en lumière la montée en puissance des services — dont l’excédent dépasse désormais 50 milliards d’euros, nos grands secteurs exportateurs (l’aéronautique 102 milliards, les cosmétiques 28 milliards, l’agroalimentaire 26,5 milliards et les vins et spiritueux 15,6 milliards dont bien sûr le cognac!), mais aussi les défis structurels qui freinent encore notre redéploiement commercial. La France affiche, en 2024, un déficit commercial à -81 milliards.  Et, au premier trimestre 2025, en repli à -20,3 milliards (vs. 18,5 milliards pour le premier trimestre 2024).

Dans un contexte mondial fragmenté, marqué par le retour des tensions commerciales après les annonces protectionnistes du président Trump, ce rapport constitue un outil utile pour mieux comprendre les transformations en cours et prévenir les difficultés à venir autour de six activités clés de notre politique économique extérieure.

L’enjeu est de relancer et conforter une dynamique exportatrice pérenne et de retrouver une balance commerciale excédentaire.

 

  1. Une économie à la croisée des chemins : reprise modeste, fragilités tenaces

La France a réussi en 2024 à réduire son déficit commercial à -81 milliards d’euros, après -100 milliards en 2023. Une amélioration indéniable, mais qui s’explique surtout par une baisse des importations plutôt que par un véritable rebond des exportations.

En parallèle, les services confirment leur rôle d’amortisseur : avec un excédent de plus de 52 milliards d’euros. Le tourisme (+58 Mds €), les services financiers (+6 %), le numérique, le conseil : autant de secteurs en croissance, moins sensibles aux tensions douanières, et porteurs d’un excédent structurel durable.

Mais cette embellie ne masque pas les fragilités persistantes d’une économie dont l’ancrage international reste limité par rapport à ses voisins : en 2024, les exportations françaises de biens et services représentaient 31 % du PIB, contre 46 % en Allemagne.

 

  1. Performances sectorielles : moteurs confirmés et points d’alerte

145 000 entreprises ont exporté en 2024, un niveau record. L’aéronautique reste le premier secteur exportateur, avec 102,6 Mds € (+6 %), devant les cosmétiques (28 Mds €), l’agroalimentaire (26,5 Mds €, +3,2 %) et la pharmacie.

L’agroalimentaire progresse dans des marchés clés : Allemagne (7,3 Mds €), États-Unis (5,2 Mds €), Japon (3,6 Mds €), en particulier le secteur des boissonscomprenant les vins et spiritueux – dont le solde s’élève à 15,3 Mds €.

Mais certains signaux restent préoccupants : la facture énergétique a reculé de 231 à 201 Mds €, grâce à la baisse des prix du gaz (-40 %) et du pétrole (-25 %), et aux gains d’efficacité énergétique. Ce recul améliore mécaniquement la balance mais ne reflète pas nécessairement une montée en puissance des exportations.

Le déficit avec l’Allemagne atteint -34 Mds €, confirmant une dépendance structurelle à notre premier partenaire. Les cosmétiques souffrent en Chine, pénalisés par la concurrence locale et un ralentissement de la demande.

 

  1. Alliances et dépendances : qui sont nos partenaires clés ?

Exportations 2024 (en Mds €)                  
1. Allemagne : 72
2. États-Unis : 48
3. Italie : 45
4. Espagne : 41
5. Belgique : 39

Importations 2024 (en Mds €)
1. Allemagne : 106
2. Chine : 65
3. États-Unis : 51
4. Belgique : 50
5. Italie : 47

L’Europe concentre 57 % des échanges français, soit 341 milliards d’euros. L’axe franco-allemand est incontournable, mais déséquilibré.

Les États-Unis restent un partenaire central (notamment en aéronautique et services), mais de plus en plus incertain en raison de la volatilité politique.

La Chine demeure un marché clé, mais avec des déséquilibres persistants qui appelle à conjuguer réalisme commercial, montée en gamme et réciprocité.

L’Inde affiche un potentiel croissant (+7,5 % d’exportations), tout comme le Japon et la Corée du Sud (+8 % d’échanges).

Le Moyen-Orient (Émirats arabes unis, Arabie saoudite) reste stratégique pour l’aéronautique, les infrastructures et le luxe.

 

  1. Perspectives 2025 : renforcer notre résilience, élargir nos horizons

À l’aune du retour des politiques protectionnistes, plusieurs leviers doivent guider l’action économique extérieure :

– Mobiliser l’Union européenne comme socle de stabilité et levier d’influence.
– Valoriser le potentiel des services : finance, numérique, conseil, culture.
– Diversifier nos débouchés : Inde, Afrique, Brésil, Asie du Sud-Est.
– Réduire notre exposition aux risques géopolitiques.
– Construire une relation économique plus équilibrée avec la Chine.
– Renforcer la robustesse des chaînes d’approvisionnement

 

Conclusion : réaffirmer une ambition commerciale

La réduction du déficit commercial en 2024 est une bonne nouvelle. Mais elle reste fragile. Le véritable enjeu est de relancer une dynamique exportatrice pérenne, portée par l’innovation, la diplomatie économique, la montée en puissance des PME exportatrices, et une stratégie claire de diversification.

L’objectif est donc de retrouver une balance commerciale excédentaire. Le rapport 2024 constitue une base de réflexion solide pour faire face aux incertitudes futures. Il rappelle que dans un monde plus volatile, il est urgent de penser une stratégie cohérente, ambitieuse, et résolument tournée vers l’avenir.

Emmanuelle PÉRÈS

Directrice générale de la FPI

POUR ALLER PLUS LOIN :

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